9 Mai 2025
Par Dominique Monnier, mercredi 23 avril 2025 à 06:37 :: Informations cantonales
LE PUY NOTRE DAME
Jules Raimbault ou la triste histoire d'un réseau Buckmaster en Anjou
Cette page a été rédigée par Jacques Sigot à la suite de l’hommage rendu au Puy-Notre-Dame (Maine-et-Loire) à Jules Raimbault le 11 novembre 2013.

Jules Raimbault
Dans ses caves, au Puy-Notre-Dame, fut cachée une partie des armes parachutées par les alliés en juillet 1943.
Si, pendant très longtemps, les sources de sa dénonciation ont été controversées ,nous ne pouvons plus le dire maintenant, après de longues années d’enquête et la découverte des archives de la Gestapo.
C’est vrai qu’il a été longtemps dit, et je l’ai moi-même entendu au début de mes recherches, que les hommes qui avaient réceptionné les armes avaient été arrêtés parce que, dans l’euphorie de la réussite ou sous l’emprise de la boisson, ils s’en étaient vantés aux Allemands.
Il n’en fut rien, et l’on peut aujourd’hui reconstituer une chronologie du drame vécu par Jules Raimbault et ses camarades.
Tous faisaient partie d’un réseau Buckmaster, comme il y en avait quasiment dans chaque département.
Celui du Saumurois s’appelait Aristide Buckmaster, pour les différencier, les réseaux ayant emprunté le prénom de leur chef ; Aristide pour Aristide Royer, capitaine de gendarmerie à Saumur, pour celui qui nous intéresse.
Entre La Flèche et Le Mans (Sarthe), sur le bord de la route à la sortie de Cérans-Foulletourte, un monument rend hommage aux victimes du réseau Hercule-Sacristain Buckmaster.
Constitués au printemps 1943, ces réseaux anglais recrutaient des hommes – généralement des notables, comme Gaston Amy, l’ancien maire de Montreuil-Bellay, des commerçants ou des chefs d’entreprise – à qui l’on demandait de réceptionner des armes parachutées par les alliés, armes qui devaient être cachées jusqu’au débarquement.
Dans le Saumurois, le parachutage eut lieu le soir du 13 juillet, et les conteners tombèrent dans des rangs de vigne à Montfort, derrière la ferme des Vitré.
Les armes, transportées par le camion du camp de concentration de Tsiganes de Montreuil-Bellay, furent entreposées dans des caves à champignons de Jules Raimbault, à la sortie du Puy-Notre-Dame, et chez Eugène Deschamps, à Montreuil.
Les arrestations en septembre et octobre 1943
La première arrestation eut lieu le 17 septembre au soir : celle du chef du réseau. Puis, le lendemain matin très tôt, ce fut celle de Jean Renard, sous-directeur du camp et chef de la section de Montreuil/Doué du réseau. Puis ce furent celles des principaux acteurs – les hommes chez qui avaient été cachées les armes, le chauffeur du camion, et les gendarmes qui avaient surveillé les routes le soir du 13 juillet. Enfin, dans la nuit du 8 au 9 octobre, furent interceptés les autres membres. Rares furent ceux qui avaient réussi à s’enfuir avant.
Préciser ici que les gendarmes furent pour la plupart libérés peu après leur arrestation. Pierre Letort, chef de la brigade de Montreuil-Bellay avait réussi à s'enfuir avant les arrestations ; Altève Boissée, 50 ans, chef de la brigade de Doué-la-Fontaine, arrêté, a disparu dans les camps nazis.
Que s’était-il passé pour que ce réseau, en même temps que les autres, fût démantelé ?
Au cours de l’été, le responsable national des réseaux Buckmaster, installé dans la région bordelaise, avait été localisé par la Gestapo qui avait deviné que son métier d’agent d’assurance n’était qu’une couverture. Une perquisition à son domicile permit de découvrir une liste d’assurés qu’il fut facile d’identifier comme étant les chefs des réseaux départementaux. Ces derniers furent identifiés, surveillés et tous arrêtés le 17 septembre au soir. La suite est facile à comprendre…
Pour les Angevins, ce fut la prison du Pré-Pigeon, à Angers puis, fin décembre et début janvier 1944, la déportation dans les camps allemands où la plupart disparurent.
Tant pis pour les vaincus, ces héros morts deux fois
La mort de Jules Raimbault fut particulièrement dramatique pour sa famille. Au début des années 1990, j’ai rencontré sa fille, Jeannine, épouse Sauvêtre. Elle m’a dit qu’été 1945, après la fin du conflit armé, deux hommes s’étaient présentés chez eux pour annoncer que leur époux et père allait bientôt rentrer. Ils se sont invités tous les deux à manger et je leur ai donné des provisions et des champignons, m’a-t-elle confié. Ils ont profité de notre douleur pour nous tromper. Jules Raimbault était mort depuis le 15 juillet. Le savaient-ils ???
Pourquoi toutes ces incertitudes, ces mensonges, ces rumeurs dans le Montreuillais jusqu’à la fin des années 1990, et même encore aujourd’hui si, dans la presse on s’interroge sur les sources controversées des dénonciations ?
Parce que, au cours des mois et des années qui sont suivi, on ne parla pas de ces réseaux Buckmaster, ces réseaux anglais que de Gaulle n’aimait pas particulièrement, ces derniers recrutant en France des hommes que lui-même aurait préféré voir rejoindre ses troupes Outre-Manche.
.De plus, ces hommes avaient perdu la guerre quand ceux des maquis de 1944 allaient la gagner avec les Américains.
Enfin, les rares qui survécurent aux camps étaient de pauvres épaves incapables de défendre leur misérable histoire.
Et comme en Histoire, on choisit, ce fut tant pis pour les vaincus, ces héros morts deux fois.
Jacques Sigot
Ouvrage épuisé consultable en bibliothèque

De gauche à droite et de haut en bas :
1 Aristide Royer, capitaine de Gendarmerie à Saumur, chef du réseau saumurois.
2 Armand Bidault, 54 ans ; Montreuil-Bellay ; charron.
3 Daniel Deslandes, 39 ans, Doué-la-Fontaine ; bourrelier.
4 Gaston Amy, 63 ans, industriel ; ancien maire de Montreuil-Bellay.
1 Gaston Bonnefond, 46 ans, Montreuil-Bellay ; employé dans la scierie de son frère.
2 Guy Lacaze, 36 ans ; Montreuil-Bellay ; boucher.
3 Jean Renard ; 30 ans ; sous-directeur du camp de concentration de nomades Montreuil-Bellay.
4 Jean Vitré ; 19 ans ; ne fait pas partie du réseau ; prête en voisin du site du largage des armes un tombereau attelé pour sortir les conteners tombés dans les vignes.
1 Jules Raimbault ; 40 ans ; champignonniste au Puy-Notre-Dame.
2 Lucien Bodin ; 24 ans ; inspecteur au camp de Montreuil-Bellay.
3 Lucien Dutin, 52 ans, Doué-la-Fontaine ; concessionnaire des véhicules Citroën.
4 Marcel Habert, 49 ans, Doué-la-Fontaine ; hôtelier.
1 Marcel Hervot, 44 ans, Montreuil-Bellay ; magasinier et chauffeur du camion du camp.
2 Paul Vitré, 22 ans ; frère aîné de Jean.
3 Pierre Deschamps, 24 ans ; des armes ont été cachées chez son père Eugène qui a échappé aux arrestations. Le seul survivant à ce jour (novembre 2013).
JEUDI 8 MAI 2025
LE PUY NOTRE DAME
Inauguration du monument à Jules Raimbault
En raison des commémorations du 8 mai et de la cérémonie qui a eu lieu ce matin, j'ai voulu reprendre l'article de l'inauguration du monument de la place Jules Raimbault
En effet Madame le Maire a évoqué la personnalité ce déporté, bien connu au Puy Notre Dame.

Un chercheur avait retrouvé dans le Courrier de l'Ouest du 25 septembre 1946, le compte rendu de l'érection du monument qui a eu lieu le dimanche 22 septembre 1946 (soit 3 ans presque jour pour jour) après son arrestation.
Peut-être dans les archives municipales, y a-t'il une trace (cartons d'invitations, facture, constructeur...) de cet événement ?
Pour l'instant je n'ai retrouvé que la délibération concernant la place de la Paleine remplacée par la dénomination place "Jules Raimbault"
Dans la NR du 10 octobre 1946, René Marnot, ancien résistant, s'interroge sur le fait qu'à Saumur, aucun monument n'existe en mémoire des résistants-déportés, alors qu'il en existe à Montreuil-Bellay, Fontevraud, Saint-Martin-de-la-Place, la Bohalle et.. au Puy-Notre-Dame.
Je vous donne connaissance de l'article du Courrier de l'ouest qui demeure un document exceptionnel

Texte exact du courrier de l'ouest peu lisible littéralement transcrit
"Ce dimanche 22 septembre, une grande cérémonie du souvenir à un héros de la résistance, mort en déportation, était organisée au Puy Notre Dame
Dès 15 heures, un rassemblement était effectué en face de la mairie.
Outre M. Capifali, sous-préfet de Saumur, nous avons remarqué la présence de MM le commandant de gendarmerie Royer, ancien capitaine de gendarmerie de Saumur, chef de la Résistance, déporté et actuellement exerçant ses fonctions à Orléans; Civrais, maire du Puy Notre Dame, conseiller général; E.Deschamps, président du comité de Libération de Montreuil Bellay; Coiffard, chef F.F.I.; Letort ancien brigadier de gendarmerie à Montreuil Bellay, Marnot, Pelon, P.Deschamps, Melle Coste, ainsi que de nombreux anciens déportés de la Résistance; capitaines Quinslot et Pierre, chefs F.F.I.;MM Charier Louis, maire de Montreuil Bellay; Mmes Amy, Bidault, Ardry et Bonnefond, femmes des déportés politiques de Montreuil Bellay; MM Lorette et Beguier, membre du comité de Libération; une délégation de l'amicale des Réfractaires de Montreuil Bellay, le conseil municipal du Puy.
La musique du Puy Notre Dame prêtait son concours à cette manifestation.
Un défilé fut organisé après le rassemblement groupant les pompiers du Puy Notre Dame, la musique, une délégation des brigades de gendarmerie, la famille de M.Raimbault, les anciens Combattants, les Prisonniers et déportés, les enfants des écoles, l'amicale des Réfractaires du Puy Notre Dame, ainsi que de nombreux amis de M.Raimbault.
Sur la place de la Paleine, qui portera désormais le nom d'un grand Français, Jules Raimbault, la musique joua la sonnerie "Au Drapeau" et le monument qui jusqu'alors était voilé, fut découvert et l'on put lire :
A la mémoire de Jules Raimbault, 10 mars 1903 -15 juillet 1944, déporté politique, mort pour la patrie"
Le résistant dépositaire d'armes parachutées destinées à la Libération de la France a été arrêté par la Gestapo, le 20 septembre 1943, pour être déporté en Allemagne et interné au camp de Mauthausen où il succombait aux privations et mauvais traitements, le 15 juillet 1944
De nombreuses gerbes furent déposées par MM Civrais, maire du Puy Notre Dame; Royer, commandant de gendarmerie; Marnot, ancien déporté politique et Capifali, sous préfet de Saumur
La musique du Puy exécuta la "Marseillaise" et un défilé ramena les personnalités à la Mairie où un vin d'honneur fut servi dans la salle des fêtes, après la dislocation du cortège.

Jules Raimbault
Jules Raimbault était champignonniste au Puy Notre Dame, homme affable, loyal et prêt à rendre service, il était bien estimé.
Il fut mobilisé au début des hostilités dans l'artillerie, il était maréchal des logis; il réussit à rentrer dans ses foyers peu de temps après l'invasion du territoire.
Ses sentiments ont toujours été animés du plus pur patriotisme, aussi quand vers la fin de juillet 1943, M.Civrais, maire du Puy Notre Dame et Letort, chef de brigade de gendarmerie de Montreuil Bellay, vinrent lui demander s'il pouvait cacher les armes parachutées dans le coin, il n'eut pas un moment d'hésitation et il répondit oui.
Dans la nuit le transport eut lieu. Lui-même transporta de la cour à sa cave, avec ses chevaux et son personnel, tout le matériel.
Il fut arrêté le 20 septembre 1943, le même jour que Pierre Deschamps et Marcel Hervot de Montreuil Bellay, ils se trouvaient tous les trois attachés dans le même camion et les armes et les parachutes s'y trouvaient également.
La veille avait été arrêté M.Renard, sous directeur du camp de nomades de Montreuil Bellay
L'attitude de Raimbault, détenu au Pré Pigeon jusqu'à sa mort, fut empreinte de dignité, malgré ses souffrances il n'a jamais indiqué que ses employés avaient aidé au déchargement des armes
Le héros qui est à la gloire aujourd'hui, est bien digne de cette manifestation, il a donné sa vie pour sauver la liberté dont nous jouissons aujourd'hui et que nous considérons comme notre plus grande richesse
Il est à remarquer qu'à l'endroit où est érigé le monument à la mémoire de Jules Raimbault, se trouvait il y a quelques cent ans une chapelle surnommée la chapelle de la Pitié"
Cette exposition sera visible à la salle des fêtes de 12 heures à 16 heures

SAMEDI 3 MAI 2025
Election municipale
Mme la Maire, Isabelle Isabellon, a confirmé à une journaliste de la presse locale
qu'elle se représenterait aux élections municipales de 2026
La huppe

Ce bel oiseau est arrivé comme chaque année dans notre région
Le chant de la huppe est très particulier et permet de la reconnaitre aussitôt. Le son caractéristique de l’oiseau « houp, houp, houp que l’on peut entendre à partir du mois d’avril-mai est généralement répété en boucle avec une petite pause entre deux séries. Il est le moyen qu’a le mâle de se faire entendre par la femelle.
Le chant est essentiellement utilisé par les mâles lors de la période prénuptiale. Des observations ont montré que les mâles cessent de chanter lorsque la femelle arrive près d’eux.
On dit que la huppe pupule ou pupute.











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